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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 17:33

Je prépare cette expo. Un douzaine de peintures, la plupart de celles çi datent des années 1994 à 1998.

 

Le morgellon dans la ville...En 1995 j'ai peins cette toile sans savoir ...Aujourd'hui je l' a trouve bien adapté.IMG_8606.JPG

La quadruple invasion : bactéries,champignons, virus, parasites constituerait un ensemble organisé et  animé en fonction d'un objectif : leur reproduction.

Certes mais de quoi encore ?

 

Notre maison, je l'aimais . je l'avais construite en bois, avec M. Toute une histoire...

IIs sont nombreux ceux qui s'y sont réjouis.

Ainsi, elle est partie dans des grandes flammes et dans un embrassement de couleurs,  des craquements, des souffles violents et dans des grésillements redoutables.

Mais l'autre, la maison virtuelle, celle qui est en moi, là dans mes souvenirs, dans mon coeur, dans mon esprit et dans mes mains épargnées par la douleur, comment va t'elle partir ? L'amour ne meurt pas, il se transforme .

Comment cette énergie psychique va t'elle se transformer ? en quelle action, en quel mouvement ?

J'ai déjà expérimenté la colére.Je ne l' a maîtrise pas assez. Il me faut encore apprendre à la dominer, à la sublimer.

 

Le hasard en série et orienté, ce n'est plus tout à fait du hasard.

A quoi, à qui suis je confronté ?

 

M....combien c'est âpre de la voir ainsi.

Les symptômes physiques, les perturbations mentales, l'excès de vin aussi..c' est un abominable mélange.

Nos conditions de vie sont assez hard dans le quotidien. L'hygiéne... l'eau...

Financiérement ca va, mon frére à pu m' aider.

Pourquoi n' allons nous pas à l'hotel ?

Imposssible vu l'état de M., et pour loger chez des amis c' est pareil.No possible .

Un centre spécialisé ?  Lequel ? et il faudrait que M. accepte. On en est loin.

Dés lors...j' improvise et c'est un combat, un simple combat fait de gestes simples et naturels.

 

Un film en noir et blanc....

Le noir...nous l' avons appréhendé et le blanc ?

L' autre coté...là où est la lumiére, là où sont toutes les couleurs réunies .

Néanmoins certains jours , le drame n'empêche pas l'allégresse

Ce combat, ce scénario dramatique est dans l'ordre cosmique de ses temps.

La victoire est certaine. Nous serons guéris.

Un jour...la résurrection !

 

 01/12/2010  

 

" Ce que le temps n'a pas oublié, ce que la maladie n' a pas empéché, ce que le feu n ' a pas détruit ."

 

 (En l'honneur de M. et de notre  fils R. (dcd le 01/12/2001)

 

" Passé recomposé " c'est ainsi que M. l'avait nommé

Ce tableau nous l'avions toujours chez nous. Il n'était pas dans la pénombre, il voyageait de la cuisine au living.

C'est comme s' il avait toujours été là. Je ne sais plus quand je l'ai peint.

Le bois lui même était travaillé par le temps et ses histoires.

 

Ce tableau, je l'ai sauvé de la fournaise, de toute justesse .

Mes avants bras ont reçus des brulûres, des brulûres indolores.

Elles sont témoignages d'un mystére.

Ce tableau, le feu l' a complété, Il l' a ouvragé. Quelques gouttes d'un noir verdâtre ont coulé d'en le haut, le film de couleur s'est plissé, laissant apparâitre une autre vision, un autre espace, un autre temps.

 

 

IMG 8605

 

" Ô, père de la vie, toi dont la puissance a dicté les lois du cosmos. Loué soit ton saint nom. Le très doux  m'a dit " va "  et ton serviteur a poussé le voile du temps . Loué soit ta tendresse et ta bonté . Ta miséricorde est infinie.

Ta présence est éternelle. "

 

 27/01/2011

 

Des jours denses , des jours noyés de pluies et de désespoirs, des jours d' affrontements et de défaites.

Et pourtant dans ces temps obscurs, une présence discréte et subtile m'apporte une lumiére et une espérance toujours renouvelée.

Cette flamme est elle fragile ? cela importe peu, elle est là et cela me suffit .

Depuis cette exposition de peintures qui m'aura donné de précieuses mais de courtes joies, nous avons été M. et moi, bien malmenés.

Les conditions de vies sont pénibles, nous sommes dans un grand dénuement. Cette situation de "naufragés du feu" donne à la vie quotidienne des rythmes déséquilibrés qui nous atrophie physiquement et mentalement.

Nous avons eu des scénes très violentes.

Mentalement M. est dans un bien curieux état . Disons qu'on y trouve un "peu de tout " .. des idées délirantes quelques fois paranoiaques, des propos incohérents ou hors contexte, de la confusion, des hallucinations auditives et/ou une sensibilisation accrue aux résonnaces électriques, des états de grandes fatigues aussi.

Cependant elle ne s'y enfonce pas. C'est par moments...c'est d'ailleurs ce qui rend la lecture si difficile. On sort et on entre dans des états différents, avec des tonalités et des énergies différentes et parfois si contradictoires.

Devant l'ampleur dramatique de cette situation j'ai décidé de tout faire pour que M. puisse être hospitalisée. C'est évident qu'elle a besoin d'un traitement pour ses perturbations mentales.

Légalement la procédure nécessite qu'il y ai suffisamment de preuves indiquant un besoin de protection pour elle même et pour autrui. En clair tant qu'il n'y a pas d'acte " criminel " ou que la personne soit complètement délirante on ne peut espérer une hospitalisation .

Il y a quelques jours j' ai réussi à convaincre M. d'aller à l'hopital de Portimào pour une hospitalisation.

Elle y est entrée mais de " force " finalemement car arrivée à l'hopital elle est devenue très agressive. Elle a très vite reçu une injection de calmant et peut etre de neuroleptique ( d'une manière assez violente ) puis elle a été internée en psychiatrie.

Les conditions d'internements dans le service de psychiatrie de Portimao sont très contraignantes . C'est comme entrer dans une prison. Tout est surveillé même le besoin d'aise aux toilettes. Pas de tabac, pas de foulard, pas de téléphone, pas de vin , pas le droit de ceci ou de cela...et sans explication, sans dialogue, sans relation apaisante.

M. était très en colére contre ce systéme et contre moi. Elle y est restée 3 jours. Le medecin à estimé que tout allait bien ou qu'en tout cas il n'y avait pas de raison de la garder plus longtemps. Elle a donc pû sortir librement et sans aucune médication. Plongée dans cette ambiance et voyant sa vie menacée M. c'est adapté au systéme. Elle à " joué le jeu" du bon patient.

Son discours est aussi devenu celui d'une femme battue. Elle a un mari violent et elle veut donc divorcer. C'est aussi simple que cela et ca marche.

J' aurais pû parler du morgellon. Expliquer ce à quoi elle est confrontée. Je ne l'ai pas fait. Parler de tout ce qui nous est arrivé aurait amené quoi de plus ? 

Les conditions n'y étaient pas. Il n' y avait aucune ouverture possible.

J'ai rattrappé M. sur la route , nous sommes retournés dans notre petit chalet. Elle était étrangement calme . J 'étais furieux et désappointé par l'échec de cette tentative de soins et en même temps heureux qu'elle ai pu sortir de cet enfer. J'étais inquiet aussi pour ses réactions, aprés tout c'était moi le responsable de ces trois jours d'enfer.

J'ai jeûné avant et pendant son hospitaisation. Ce jeûne avait du goût, il résonnait juste. Il m'a donné beaucoup de forces. Je crois qu'il a eu également un effet salutaire pour notre relation. M. était en révolte mais plus contre ce sytéme que vis à vis de moi. Ce jeûne nous aura protégé, j'en suis convaincu.

Nous avons adopté un autre rythme de vie. En fin de soirée je retourne dans l'appartement qui nous a été prété par notre ami, le docteur J. tandis que M. reste au chalet. Là, je retourne dans un monde ordonné et comréhensible.

La solitude, pouvoir être seul avec moi même, m' apaiser et me laisser à mes songes et à ces temps de priéres si précieux pour l' âme et l'esprit c' est vraiment ce que j'avais besoin.

M. aussi respire. Son état a changé, bien qu' en révolte elle est plus apaisée mais ses idées sont encore détachées de la réalité de notre situation.

Ses souvenirs me paraissent trés élictifs. Elle trie outrageusement en invoquant le droit d'une lecture personnelle.

D'une certaine façon elle a raison. Elle est dans son monde, je suis dans le mien.L' amertume nous sépare, la désillusion nous divise.

Et pourtant. Hier, nous nous sommes quittés en nous embrassant  les mains.

M. y a déposé des baisers et murmuré un merçi sur chacun de mes doigts.

Moi aussi j'ai embrassé ses mains et je suis parti.

Je prépare mon voyage. Ce sera d'abord un retour en Belgique et puis un envol, destination inconnue.

M. m' y pousse, c'est urgent !

 

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